¡BLACKOLERO!

Frank Black, Black Francis, Pixies, Breeders

21 mai 2007

Jason Carter : "C’était comme un duel de cow-boys : on dégaine et on tire !"

Non content de jouer sur Bluefinger, il accompagnera Charles Thompson sur sa prochaine tournée européenne. Batteur culotté (comme en témoignent les roulements arythmiques à la fin d'Angels Come to Comfort You...), touche-à-tout brillant et engagé, Jason Carter a bien voulu répondre à nos questions malgré un emploi du temps qu'on devine surchargé. Une exclusivité Blackolero, of course...

Avant tout, Jason, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ? Si l’on en croit votre page MySpace, vous êtes bien plus qu’un batteur doué…

Merci pour le compliment. Mon nom complet est Jason Carter. Je suis batteur de profession, mais je possède aussi un studio d'enregistrement doublé d'une société de production qui se nomme Wavelength. J'ai commencé la batterie très jeune, au début je jouais surtout du jazz, mais le rock'n'roll semble avoir pris le dessus avec mon groupe Guards of Metropolis et maintenant Charles Thompson. J'ai un chien, une femme, j'adore fumer des kretek [cigarettes indonésiennes parfumées au clou de girofle], manger de la réglisse rouge et piloter des avions. Mon rêve est de devenir un jour le doyen des pilotes d'avions-cargos et de voler pour une noble cause dans un pays lointain.


Comment avez-vous été amené à collaborer avec Charles Thompson ?

C'est un membre de mon groupe, Charles Normal, qui m'a présenté Charles Thompson à un concert de Larry Norman. C.T. avait été invité sur scène par Normal. La collaboration sur Bluefinger a débuté avec un coup de fil de Mark Lemhouse. Il m'a demandé de jouer de la batterie sur quelques chansons pour une démo qu'il faisait avec C.T. D'une démo, on est passé à un album complet, qui est devenu Bluefinger.


Vous nous avez dit avant cet entretien que la plupart des titres de Bluefinger avaient été enregistrés en une ou deux prises maximum, à la façon "Catholics" en somme. Comment avez-vous vécu cette expérience, et qu’en avez-vous retiré ? Etait-ce la première fois que vous travailliez ainsi ?

Non, j'ai enregistré de nombreux albums de cette manière, une ou deux prises maximum, mais Bluefinger est différent dans la mesure où nous l'avons enregistré à la volée, pratiquement sans aucune répétition. C.T. avait griffonné quelques structures musicales et les chansons prenaient forme une fois qu'on commençait à enregistrer. J'adore la façon dont il enregistre... c'est une véritable source d'inspiration. C'est très instinctif, comme un duel de cow-boys : on dégaine et on tire !


Où, quand et en combien de temps a été enregistré l’album ?

    En janvier 2007. La plupart des pistes ont été enregistrées aux studios Sprout City à Eugene, dans l'Oregon. On a fait quelques prises supplémentaires dans mon studio, Wavelength, à Salem, également dans l'Oregon. L'album a été mixé à Wavelength et à Planet of Sound, dans le Connecticut.


    Bluefinger est un album particulier dans la discographie de Charles. Il marque à la fois un retour au style Pixies et au son Catholics sans pour autant renouer franchement avec l’un ou l’autre, il respire la fougue et la spontanéité, et puis bien sûr, c’est le premier album solo de Black Francis… Comment Charles vous a-t-il présenté ce projet ? Avez-vous eu l’impression qu’il revêtait une importance particulière pour lui ?

    Au début, on m'a dit qu'on enregistrait des démos. Après le premier jour de studio, C.T. m'a dit qu'il changeait son fusil d'épaule et voulait enregistrer un album entier... Alors on l'a fait. C'est là qu'il a parlé du titre Bluefinger et du concept inspiré par Herman Brood. L'ambiance dans le studio était super joyeuse et positive. On a tous adoré travailler sur ce disque. J'ai de la famille aux Pays-Bas et certains de ces parents sont des "Bluefingers", originaires de Zwolle, donc ce projet me touchait particulièrement. Important pour lui ?... Oui.


    Quel genre de patron est Charles ? Plutôt cool et confiant ? Précis et exigeant ?

    Cool et concentré... Ce type est un génie. Il fixait un cadre et nous laissait faire notre boulot.


    Qui est le bassiste sur Bluefinger ? Nous ne connaissons que son prénom, "Dan"…

    Dan Schmid, membre des Cherry Poppin' Daddies.


    Et qui est "Mark", le producteur ? S’agit-il de Mark Lemhouse ?

    Oui. Un songwriter doué... Jetez une oreille à ce qu'il fait.


    Bluefinger regorge de joyaux, mais de l’avis général Threshold Apprehension sort du lot. Est-ce aussi votre avis ? Y a-t-il un ou des titres qui vous ont marqué en tant qu’interprète, ou qui vous séduisent particulièrement en tant qu’auditeur ?

    Personnellement, je ne pense pas que Threshold Apprehension sorte du lot. C'est la chanson la plus accessible, la plus "commerciale" de l’album. Le disque tout entier est magnifiquement brut, tendu... J'adore toutes les chanson en tant que musicien et en tant qu'auditeur. Quand on travaille sur un disque, c'est parfois dur d'être objectif à son sujet. Bluefinger a son propre caractère, que seul C.T. pouvait créer... et dans le même temps, il parvient à refléter la personnalité d'Herman Brood.


    Qu’est-ce qui, d’après vous, a conduit Charles à signer cet album sous son pseudonyme pixien et non sous son pseudo habituel, Frank Black ? Est-il exact que – comme le supposent de nombreux fans – il destinait initialement les chansons de Bluefinger, ou la plupart d’entre elles, aux Pixies ?

    Aucune idée.


    Le site des Guards of Metropolis évoque à la date du 1er août 2006 un mystérieux projet de Frank Black, impliquant, outre vous-même et les membres de votre groupe, Mark Lemhouse et Larry Norman, légende vivante du christian rock. Où en est ce projet ? Est-il lié d’une façon ou d’une autre à Bluefinger ?

    Non, il n'y a pas de lien avec Bluefinger. Oui, ce mystérieux projet est toujours d'actualité... et il restera mystérieux encore un petit moment :)


    Avez-vous d’autres projets en vue avec Charles ?

    Oui, mais je ne devrais probablement pas en dire plus pour le moment.


    D’après certaines rumeurs, Joey Santiago participerait à la future tournée européenne de Charles. Vrai ou faux ?...

      Faux. C'est Charles Normal qui tiendra la guitare.


      (Interview : RLM ; traduction : Jediroller.)

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      4 Comments:

      Anonymous remig said...

      Alors là, les gars you me cutez la chique!

      22/05/2007 00:52  
      Blogger Czar said...

      Chapeau! Très fort. Vraiment.

      Merci, très intéressant les gars.

      23/05/2007 04:36  
      Anonymous iChris said...

      Merci mais je suis au regret d'infirmer ce qui a été annoncé... Joey Santiago accompagnera bien Black Francis qui se fait toujours appeler Frank Black pour l'occasion et l'occasion c'est le rockwerchter 2007.... pour ce faire, lire la nouvelle du 14-03-2007 sur le site http://www.rockwerchter.be

      25/05/2007 20:22  
      Blogger jediroller said...

      Le nom de Joey a disparu (depuis un moment il me semble) du site de Rockwerchter. Je leur ai quand même envoyé un mail pour confirmation...

      26/05/2007 10:32  

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