¡BLACKOLERO!

Frank Black, Black Francis, Pixies, Breeders

28 avril 2010

Black Francis 2.0



Ça y est! La refonte du site BlackFrancis.net annoncée il y a quelques temps est en place, avec notamment en première page un lecteur de musique donnant accès directement, gratuitement et en streaming à l'intégralité des albums studio parus depuis le début de la carrière solo de Frank Black jusqu'à NonStopErotik, avec en plus l'EP Lovesick de Grand Duchy. L'ajout du catalogue Pixies et des compilations de faces B devrait suivre.

Sur la page d'accueil, on trouve également un long message de Black Francis lui-même, dans lequel on apprend pas mal de choses, avec quelques allusions cryptiques propres à l'auteur en bonus: l'ancienne communauté Black Francis a été transformée en un simple mur de type Facebook intégré dans le site, afin de rendre l'utilisation plus simple et rapide, le site se propose dorénavant plus comme un tout en un, avec une boutique intégrée disposant d'une nouvelle interface bien que le contenu reste inchangé pour l'instant... mais seulement pour l'instant, puisqu'ont en effet été annoncés l'arrivée prochaine de ce côté-ci du site des versions DVD simple et album standard du Golem, ainsi que de l'édition DVD de NonStopErotik incluant le fameux long-métrage de Judy Jacob, et pour finir une nouvelle compilation de démos / faces B dont le titre provisoire est "Abbabubba".


Au rang des mystères on retrouve une nouvelle allusion au projet Schwarma ici nommé Shoarma, une possible obscure idée de Black Francis évoquée il y a quelques années à propos d'un groupe punk et / ou agressif et / ou bruitiste en trio(la citation exacte dans Rolling Stones était: "J’ai toujours voulu avoir un trio punk-rock qui s’appellerait Schwarma. J’ai besoin de me trouver une fuzz-box et de faire un peu de bruit."). Black Francis annonce aussi avoir récupéré le studio d'enregistrement mobile de l'époque des Catholics puis l'avoir installé aux studios Wavelenght de Jason Carter et se déclare impatient de produire de nouveaux titres avec.


Pour conclure cette liste de nouvelles, côté live les deux concerts "spéciaux" de Pixies les 3 et 4 juin au Troxy de Londres sont désormais complets et s'avéraient d'après Black Francis une première tentative pour le groupe de s'organiser de façon plus autonome. Une petite allusion est faite quant au désir de vouloir être autonomes sur autre chose, mais on ne saura pas quoi...

En ce moment jouant dans quelques concerts solos avec une guitare électrique aux États-Unis, Black Francis a confirmé sa volonté d'organiser une tournée pour NonStopErotik, mais affirme attendre d'avoir vu le film de Judy Jacob pour annoncer des dates. On apprend au passage que notre homme s'intéresse tout particulièrement au milieu du cinéma avec lequel il aimerait travailler, ce qui confirme certaines déclarations précédentes...


ajout post article: il semblerait que les albums de Pixies soient dorénavant disponibles en vinyl sur la boutique de BlackFrancis.net, d'autres changements surviendront sûrement dans les heures et jours à venir comme le nouveau site vient juste d'être mis en place...


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11 avril 2010

BlackFrancis.net en travaux, promos en cadeau

Le site officiel de Black Francis a récemment annoncé d'importants changements à venir, en raison desquels la boutique offrira ces jours-ci quelques promotions de "déstockage", avec notamment pas mal d'articles à 5$ soit 3,72€... on peut trouver à ce prix le ""Live at the Hotel Utah Saloon" sur clé USB, ainsi que chacun des posters jusque-là disponibles, ou la quasi-totalité des tee-shirts en vente.


Les changements prochains annoncés par BlackFrancis.net devraient quant à eux arriver dans les semaines à venir...


De son côté, le MySpace de Black Francis a semble-t-il renouvelé sa playlist et propose désormais en écoute le single Six Legged Man ainsi que d'autres titres live, vraisemblablement issus de l'époque Catholics.

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17 septembre 2009

Blog de rentrée !

Mis en ligne hier, voici le nouveau vidéo-blog de Black Francis.



Premier sujet abordé : Live in Nijmegen. La clé USB 2 Go, qui contiendra également des extraits vidéo du precore tournés par Jason Carter, sera bientôt en vente. Black Francis n'attend plus, dit-il, que l'accord de son manager.

Tout en signant de mystérieux imprimés à tour de bras, BF a répondu aux questions posées par les fans sur blackfrancis.net :
  • La chanson Demon Girl est-elle basée sur une histoire vraie ? Pas vraiment, elle s'inspire d'une légende populaire.

  • Peut-on acheter le poster vu dans le clip When They Come to Murder Me ? Non, cette affiche vient de la collection personnelle de Black Francis qui n'en possède qu'un exemplaire. "Mais si vous avez quelque chose de vraiment précieux à échanger, on pourra peut-être faire affaire, quelque chose comme... les clés d'une fermette en France" conclut BF en rigolant, "ou au moins deux caisses de Châteauneuf-du-Pape".

  • Les "mystérieux imprimés" que Black Francis est en train de signer feront en fait partie du coffret Der Golem : "C'est une espèce de livre que nous avons imprimé à l'ancienne, avec une presse..." Chacun d'entre eux sera numéroté (sur 500) et signé. Il y aura un CD audio de la représentation au Castro Theatre de San Francisco et un DVD du film avec, bien sûr, la bande originale signée Black Francis. "Nous espérons les sortir avant la fin de l'année, pour les fêtes. Car nous sommes des artistes mais c'est aussi un business ! Ce sera un très beau cadeau pour un être aimé ou pour soi-même, car il faut s'aimer soi-même parfois. Si on ne s'aime pas soi-même, on ne peut pas aimer les autres."

  • Le coffret Catholics ? "Mark Lemhouse a réalisé un artwork pour ça... Est-ce que ce ne serait pas cool si on avait toute la discographie des Catholics sur une clé USB ? Peut-être une grosse clé, comme une barre chocolatée Chunky."

  • La collaboration avec Eric Drew Feldman ? "Il y a toujours une collaboration en cours avec EDF."

  • Quelle chanson de Pere Ubu voudrait-il reprendre ? "N'importe laquelle du moment que David Thomas dit que je devrais la faire."

  • D'après Black Francis, le film Die Ehe der Maria Braun (Le Mariage de Maria Braun, 1979) évoquerait l'amour de Rainer Werner Fassbinder pour un cactus, et aurait inspiré la chanson du même nom, "écrite à l'époque où le film est sorti".

  • Alors qu'il répond à la question d'un fayot fan sur sa peinture, Black Francis se rend compte qu'il vient de signer deux livrets numérotés "89/500". "Il y a deux numéros 89 ! Ça ne va pas. Je vais barrer celui-là et écrire "90". Et voilà ! Il aura encore plus de valeur que les autres. J'écris aussi "Oops" dessus, ce sera plus mignon."

  • Qu'est-ce qui l'inspire aujourd'hui ? "La perspective d'avoir ma propre maison près d'Avignon."

  • Enfin, annonce Black Francis, "nous approchons de la barre des 10 000 amis sur notre page MySpace, et pour fêter cela nous allons organiser un petit concours. Je n'en dirai pas plus, surveillez le site."

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25 juin 2009

Un miracle pour Mark Mulcahy ?

Pitchfork nous apprend que Black Francis va participer à un album de soutien à Mark Mulcahy, ex-chanteur de Miracle Legion, un groupe qui a sa place dans la mythologie blackienne puisque c'est en son sein que Black est allé piocher deux futurs piliers de ses Catholics, le bassiste Dave "McDave" McCaffrey et le batteur Scott Boutier.

Le pauvre Mulcahy, nous explique-t-on, a perdu sa femme l'an dernier et se retrouve seul pour élever ses jumelles de trois ans. Pas question pour lui de continuer sa carrière solo s'il ne reçoit pas un peu d'aide. Cette aide arrive sous la forme de l'album Ciao My Shining Star: The Songs of Mark Mulcahy, qui paraîtra le 29 septembre chez Shout! Factory.

Outre Black Francis, on y retrouvera Vic Chesnutt, Dinosaur Junior, Thom Yorke, The National, Michael Stipe, Rocket From The Tombs ou encore Juliana Hatfield.

Quant à la chanson sur laquelle Frank a jeté son dévolu, il s'agit de Bill Jocko :




Merci à Mickey sur FrankBlack.net.

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16 juillet 2008

News : Hotel Utah, Grand Duchy, Golem, coffret Catholics

De retour d'une mini-tournée US en première partie des Stone Temple Pilots, Black Francis nous gratifie d'une petite mise à jour sur son site officiel.




  • Les "clés de l'Hotel Utah" (un concert solo de l'an dernier, distribué sur clés USB) sont enfin disponibles dans la boutique en ligne. Il faut se connecter au webstore "US" pour accéder à cette offre, mais rien n'empêche de commander depuis un autre pays. Édition limitée à 500 exemplaires.

  • "Black Francis est en studio avec Pete Yorn cette semaine." Pour enregistrer quoi, mystère... mais on va se renseigner.

  • Grand Duchy (Black Francis + Violet Clark) semble décidé à s'atteler à la sortie de son premier album Petits Fours. On apprend en effet que le duo vient de se faire tirer le portrait pour illustrer ce disque... Mieux, avant même que le premier n'ait vu la lumière du jour, le couple commence déjà à travailler sur son 2e album !

  • Par ailleurs, Grand Duchy enregistre actuellement A Strange Day, sa contribution à un album hommage au groupe The Cure. Produite par American Laundromat Records (notamment responsable de projets similaires consacrés aux Pixies et à Kim Deal), la compilation s'intitulera Just Like Heaven. Sortie prévue en 2009.

  • "Eric Drew Feldman, producteur du Golem, vient de terminer le mastering de l'enregistrement intégral" ainsi que d'une version raccourcie sous forme d'"album de rock". La toute première interprétation live de cette bande originale, le 25 avril au festival du film de San Francisco, a également été enregistrée et EDF en assure le mixage.

  • Enfin (c'est le mot), on nous assure que le mythique projet de coffret rétrospectif consacré aux Catholics (1998-2003) est bel et bien mis en chantier. Et le "Bureau" lance un appel au peuple : si vous avez des photos de concert de cette époque, merci de les leur faire parvenir.

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29 novembre 2007

Grand Duchy, Feldman, Schwarma

Décidément imprévisible, Black Francis a posté un nouveau vidéo-blog sur lequel il répond aux questions de ses fans. Parsemé de courts extraits du futur album de Grand Duchy, qui semble varier du country-rock au punk criard, le clip contient quelques perles telles que :
  • "Oui, j'ai une collaboration en cours avec Eric Drew Feldman, je prédis... qu'elle verra le jour... en 2008."
  • "Schwarma? Schwarma... Attendez-vous à voir apparaître un nouveau Schwarma."
  • Parution en CD des compilations des Catholics One More Road for the Hit et Snake Oil (pour l'instant uniquement disponibles sur iTunes) : "Restez cool. Ils sortiront probablement en coffret avant d'être disponibles individuellement."
Un autre épisode du blog montre Black Francis en studio, avec Violet au micro, probablement pour Grand Duchy.


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07 août 2006

Frank Black : "Ma méthode pour faire une setlist, c'est la paresse !"

Exclusivité Blackolero : voici la deuxième partie de l'interview de Frank Black réalisée en juin dernier par Dean Katsiris et Brian Salvatore. Où l'on apprend, entre autres, que le King a parfois du mal à mémoriser ses chansons, et que l'affaire Schwarma pourrait fort bien ne pas être un gag...

* * *

Q : Avec les Catholics vous n’aviez pas de setlist, vous choisissiez les chansons au fur et à mesure dans un répertoire d’environ 50 titres que vous aviez bien répétés. Comment choisissiez-vous les chansons que vous alliez jouer à chaque concert ?

FB : On jouait celles qu’on arrivait à se rappeler ! [rires] Ça se faisait au feeling, je n’y ai pas vraiment réfléchi... On jouait ce qui nous faisait plaisir sur le coup. Ma méthode pour faire une setlist, c’est la paresse ! J’ai peut-être un réservoir d’un certain nombre de chansons, mais il y en a qui ont été répétées, parfois enregistrées ensuite, d’autres que j’ai mis longtemps à écrire, mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a des chansons que j’ai écrites très vite, de façon très spontanée, ou bien dans une espèce de frénésie presque névrotique, quand on est comme perdu dans l’univers de la chanson, et celles-là sont pleines de petites excentricités... Comme par exemple San Antonio TX sur Devil’s Workshop ou, pour prendre un exemple dans le nouvel album, If Your Poison Gets You. Une chanson comme celle-là, je pense me rappeler comment la jouer, mais vous savez quoi ? Je l’ai écrite sur un ukulélé, et en général, quand je pars en tournée, je n’ai pas d’ukulélé sur scène [rires], donc je dois la transposer pour la guitare. Et si je n’en ai pas le courage, alors je ne joue pas cette chanson, parce que je ne sais plus comment la jouer, ou bien parce que c’est une petite mélodie tellement compliquée que je ne me rappelle même plus comment j’ai bien pu l’écrire – elle me paraît vraiment étrangère... pas quand je l’écoute, mais quand je dois m’asseoir pour la jouer. Je me souviens d’une répétition avec les Catholics, un soir de tournée, on jouait San Antonio TX, et elle nous donnait tellement de fil à retordre, les changements d’accords étaient si rapides, c’était du genre [il chantonne] "change-change-change-change-change-change-change-change" [rires]... C’était assez dingue. On l’a jouée, mais ce n’est pas quelque chose qu’on avait envie de faire tous les soirs. C’était plus facile de se laisser aller, et c’est exactement ce qu’on a fait.
Dans un monde parfait, je connaîtrais toutes mes chansons par coeur – il paraît que Bruce Springsteen sait toutes les siennes –, je serais toujours prêt à me lancer à n’importe quel moment... mais ça fait vraiment trop de couplets à se rappeler !

Votre dernier album est Fast Man Raider Man. Ces chansons-là sont-elles plus fraîches dans votre mémoire que, par exemple, ce que vous avez écrit il y a quinze ans ? Ou est-ce que c’est juste au feeling, un jour vous avez envie de jouer Big Red et le lendemain Fitzgerald ?

Je n’ai pas fait de tournée pour Honeycomb et je n’ai pas encore joué le nouvel album sur scène. Les seules chansons que j’ai jouées live ces deux dernières années ont été celles des Pixies. Donc, en ce qui concerne Honeycomb et Fast Man Raider Man, mon corps n’a pas encore mémorisé ces chansons. Mais je vais devoir les bosser, parce que le public veut entendre au moins certaines d’entre elles...

C’est donc cela qu’on entendra sur votre tournée solo cet automne ?

Je ne sais pas encore, parce que je n’ai pas encore répété avec le groupe. Pour l’instant, j’ai beaucoup de chansons parmi lesquelles piocher, et tout ce que je veux, c’est faire un bon spectacle. Ce n’est pas vraiment important pour moi de faire la promo de mon nouvel album, je ne veux pas arriver et dire "Okay, voilà mes trucs de Nashville !" Evidemment que je veux jouer mes nouvelles chansons ! Mais c’est toujours risqué, parce que les gens disent "Bah, on ne la connaît pas cette chanson-là, joue-nous quelque chose qu’on peut reprendre en choeur !" Et je comprends cette attente du public, parce qu’il m’arrive aussi d’être dans le public, et quand je vais voir quelqu’un en concert je n’ai pas forcément envie d’entendre des trucs que je ne connais pas. Ce n’est pas évident à réussir. Il faut vraiment y aller et se donner à fond pour séduire un public avec des chansons qu’il ne connaît pas. Mais c’est aussi la seule façon de retrouver un peu de fraîcheur, de se renouveler. […] A défaut de pouvoir remonter le temps et tout recommencer à zéro, le plus proche que vous puissiez faire est de jouer devant un public de la musique qu’il n’a jamais entendue auparavant. Parce que c’est ce qui se passe quand on débute : on vient de former son groupe, on a peut-être sorti un album sur un petit label quelque part, mais les 50 personnes qui sont venues vous voir un jeudi soir ne vous connaissent pas, ne connaissent pas votre musique, elles sont seulement venues voir ce que vous valez. C’est un peu l’impression qu’on a quand on fait une première partie, parce qu’on joue devant le public d’un autre, et on peut se dire "D’accord, personne ici ne sait qui je suis, mais je peux jouer ces dix chansons et essayer de les conquérir." Le problème avec ce genre de situation, c’est que les gens ont acheté leur billet pour voir la tête d’affiche, pas la première partie, et même si vous jouez superbement vos chansons, ils sont toujours plus ou moins distraits par l’attente de ce qui suit. C’est pour ça que je n’aime pas trop faire des premières parties. J’aime bien le faire pendant quelques jours, une semaine ou deux peut-être, mais à la longue ce n’est pas tellement marrant.

Bref, pour ce qui est de ma prochaine tournée, pour le nouvel album, je vais jouer avec deux types venus de Nashville (1) et un type venu de mon passé, Eric Drew Feldman...

Oh, excellent.

... Donc ce sera un simple groupe de quatre musiciens.

Et vous vous ferez appeler Schwarma (2) ?

Non ! [rires] J’adorerais ça, mais Schwarma est quelque chose de tout à fait différent. Oui, je veux faire du rock, ce qui ne veut pas forcément dire "faire beaucoup de bruit" ou "être agressif", bien que cela puisse aussi prendre cette forme-là. On a envie d’impressionner le public d’une manière ou d’une autre. Et c’est dur, parce que parfois on est chaud, et d’autre fois non [rires]. Et j’aimerais bien être capable de le faire tout le temps, j’aimerais bien pouvoir être Tina Turner tout le temps, mais... Je ne sais pas.

Mon père m’a raconté cette anecdote. Il dirigeait un restaurant à côté d’une boîte de nuit appelée le Troubadour, à Hollywood, dans les années 60. Il avait l’habitude d’aller boire ou faire la fête avec les barmen du Troubadour et de revenir travailler au restaurant, qui s’appelait Dantana’s, un endroit très à la mode à Hollywood... Il est entré dans [le club] et Bobby Darin était sur scène. Mon père se fichait pas mal de la musique de Bobby Darin, mais Bobby Darin tenait vraiment le public dans la paume de sa main. Mon père est entré là pour une raison quelconque, je ne sais pas, pour emprunter une caisse de vodka parce qu’ils étaient à court à côté, et il a fini par rester là pendant deux heures, il ne parvenait plus à quitter les lieux, parce que Bobby Darin tenait vraiment son public. Il m’a dit que c’était le meilleur concert qu’il ait vu de toute sa vie. Ça veut vraiment dire quelque chose, je pense. Et en tant qu’artiste, on a envie d’être aussi bon, on a envie d’être comme Bobby Darin au Troubadour, on a envie d’être comme Elvis à la télé... Prenez n’importe quel concert devenu un classique...

Que diriez-vous des Pixies à Saskatoon ? Je crois que je n’ai jamais vu autant de personnes aussi excitées à l’idée de voir un groupe.

C’était une bonne petite tournée. On voulait faire notre tour de chauffe sur la Côte Ouest, mais quelqu’un nous a dit "Et si vous alliez au Canada ?" C’était plus obscur, je suppose [rires], ça sortait plus des sentiers battus. Donc on est allés à Régina et à Saskatoon, et là je devrais dire "Ouah, je n'étais jamais allé dans ces endroits !", mais l’ironie, c’est que j’y étais allé un an et demi auparavant avec les Catholics. Quand on est allé là-bas avec les Pixies, c’était au début de la première tournée après la réunion du groupe, et on jouait avec toutes ces vieilles craintes, c’était vraiment comme la première fois. A l’époque des Pixies première manière, c’est sûr, on avait du succès dans quelques pays, et on pouvait jouer dans des grandes salles, mais on pouvait aussi se retrouver à Davenport, ou quelque part en Floride, ou je ne sais où. On jouait dans le vieux théâtre du coin, et ce n’était pas forcément complet, mais c’était cool quand même. Si on avait démarré là [sur la Côte Ouest], la première tournée après la réunion aurait pu être comme ça. On était complet sur toutes les dates, mais on jouait quand même dans ces villes un peu solitaires, dans ces vieux théâtres... J’adore vraiment jouer dans les théâtres, c’est réellement là que ça se passe. Il y a des tas de salles différentes, mais les théâtres, c’est le top.

Ça donne vraiment l’impression de passer une soirée au spectacle, je ne sais pas si c’est pareil de votre point de vue...

Ouais, l’architecture est à l’unisson de ce qui s’y passe, c’est conçu pour accueillir un spectacle, quel que soit le type de spectacle. On sait que tout le public vous voit bien, la vue est dégagée... Bon, le son est quelquefois un peu caverneux, surtout pour du rock ’n’ roll, parce que le volume est si fort, en particulier depuis ces vingt dernières années, le volume a vraiment augmenté... Je suppose que quand on joue du rock dans un théâtre, le son peut devenir problématique, mais cela dit, c’est conçu pour le son et si on s’y prend bien, les théâtres, ils ont de la gueule, une bonne acoustique, on s’y sent bien... C’est là qu’on a les meilleures sensations. C’est sûr que si on joue dans un hangar à avions ou dans un petit club crasseux dans un cube de ciment, ou au nouveau Kodak Dome... Ces endroits-là sont conçus pour faire du fric, ils servent à vendre à boire et à évacuer l’urine ! Il y a comme un flux, on n’y vient pas seulement pour voir un spectacle. Et c’est sympa d’aller voir un concert dans un bar, mais un théâtre est suffisamment petit pour créer une intimité entre le musicien et le public, tout en étant assez grand pour que ça reste un événement. Il y a de l’excitation dans l’air. Ouais, les théâtres, c’est le top.

Traduction : jediroller

(1) Billy Block (batterie) et Duane Jarvis (guitare).
(2) Allusion à cette citation parue dans Rolling Stone, qui continue d’intriguer les fans : "J’ai toujours voulu avoir un trio punk-rock qui s’appellerait Schwarma. J’ai besoin de me trouver une fuzz-box et de faire un peu de bruit."

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07 février 2006

V - Résurrections (2001-2006)

En janvier 2001 sort Dog in the Sand, le sixième album de Frank Black (le troisième enregistré avec les Catholics), un pur bijou folk-rock, produit avec talent par Nick Vincent et magnifié par les claviers d’Eric Drew Feldman et la guitare de Joey Santiago. La surprise est totale. Pratiquement ignoré depuis 1995, Charles fait un retour en force dans les pages de la presse rock. De leur côté, les Breeders nouvelle formule, rejoints à la production par le fidèle Steve Albini (déjà maître d’œuvre de Pod), enregistrent le très sobre mais très bon Title TK. Reconverti en magicien (!), l’ex-batteur des Pixies, David Lovering, assurera la première partie de leurs concerts en 2002.

Plus inspiré que jamais et probablement réconforté par le succès (au moins critique) de Dog in the Sand, Charles s’offre le luxe d’enregistrer deux albums en quelques semaines. Tous deux sortiront le même jour, en août 2002. Le généreux Black Letter Days s’inscrit dans la veine folk de Dog in the Sand ; rapide et nerveux, excellemment produit, Devil’s Workshop, de loin le meilleur album pop-rock de Frank Black depuis Teenager of the Year, semble faire du pied aux fans des Pixies. En vain d’ailleurs, car si les critiques apprécient, le public semble une fois de plus faire la sourde oreille.

2003 est une année charnière pour Charles, à bien des points de vue. Divorcé depuis peu, plutôt déprimé, il se réfugie dans la musique pour accoucher petit à petit d’un album aussi ambitieux que personnel, à ce jour le plus riche de sa discographie. Outre les Catholics et les désormais fidèles Joey Santiago et Eric Drew Feldman, Show Me Your Tears mobilise des pointures légendaires comme Stan Ridgway (harmonica et banjo) et Van Dyke Parks (piano et accordéon) pour explorer à peu près tous les genres auxquelles le rock peut se marier : pop, folk, blues, country. Comme ses prédécesseurs, il est chaleureusement accueilli par la critique mais plutôt boudé par le public.

En juillet, deux mois avant la sortie de Show Me, Charles, interrogé par une radio britannique sur une éventuelle reformation des Pixies – dont il reprend quelques titres en concert depuis 2001 –, choisit pour une fois de ne pas s’énerver et répond avec ironie qu’il revoit régulièrement Joey, Kim et David pour jouer avec eux. La nouvelle, prise très au sérieux, se répand à la vitesse de l’éclair sur la planète rock. Si bien que Charles lui-même commence à envisager la possibilité d’une réunion pixienne. Après tout, il a déjà renoué avec Joey et David (qui a plusieurs fois assuré la première partie de ses concerts comme magicien) et a suffisamment mûri pour oublier les petits problèmes d’ego qui l’opposaient jadis à Kim. D’autre part, à l’heure où les Pixies sont enfin reconnus et encensés dans leur propre pays, et imités plus ou moins intelligemment par une quantité de formations opportunistes, ne serait-il pas juste et logique qu’ils récoltent enfin les fruits de leurs efforts et de leur talent ?...

La reformation des Pixies est officiellement annoncée en février 2004, en même temps que leur première grande tournée depuis douze ans, dont le coup d’envoi aura lieu à Minneapolis le 13 avril. Charles ne cache pas que cette réconciliation subite a largement été motivée par l’argent ; personne, d’ailleurs, ne l’aurait cru s’il avait prétendu le contraire. Il n’en assure pas moins que ce rapprochement a été sincère, facile et agréable. Les deux triomphales tournées américano-européennes de 2004 et 2005 montreront en effet quatre Pixies détendus, assurés et sans doute plus complices qu’ils ne l’ont jamais été.

Régulièrement interrogés sur un éventuel futur album, Charles et sa bande se contentent en général de botter en touche, laissant clairement entendre qu’un tel projet ne fait pas partie de leurs priorités. Le fait est que la réunion des Pixies n’a pas empêché Charles de faire deux enfants à sa nouvelle compagne, Violet Clark, ni de pondre deux nouveaux albums solo de haute tenue (Honeycomb et Fast Man / Raider Man), en attendant un troisième avec Eric Drew Feldman, actuellement en chantier. Quant à Kim, elle n’a pas l’intention de renoncer à ses Breeders, et devrait le prouver avant longtemps…

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06 février 2006

IV - Chacun son chemin... de croix (1993-2000)

Diablotin pop à mille facettes, soigneusement façonné par Eric Drew Feldman, Frank Black déboule dans les bacs en mars 93. On apprend par son livret qu’un certain Joey Santiago a participé aux sessions comme «musicien additionnel». L’album a beau se vendre plutôt bien en Grande-Bretagne et en France, il est boudé par la plupart des fans des Pixies, qui lui préfèrent le Last Splash des Breeders, beaucoup moins sophistiqué mais nettement plus rock.

Entre deux tournées strictement américaines, Charles, plus prolifique que jamais, trouve le temps et l’énergie d’enregistrer Teenager of the Year, son meilleur album à ce jour (et très certainement l’un des meilleurs albums indés de la décennie), qui sort en mai 94. De nombreux critiques qui avaient encensé Frank Black un an auparavant négligent bizarrement ce monumental opus de vingt-deux titres, qui ajoute à la pop chatoyante de son prédécesseur une bonne dose de piment rock. Du coup, les ventes peinent à décoller, même en Europe. Charles comprend que, journalistes ou simples fans, la plupart des admirateurs des Pixies étaient disposés à lui pardonner une fantaisie solo, mais pas deux. Son amertume est d’autant plus grande que Kim et ses Breeders, de leur côté, ont fait un malheur avec leur deuxième LP…

L’année 94 n’est pourtant pas rose pour Kim. Un an après le triomphe de Last Splash, elle est lâchée par sa sœur Kelley, tombée dans la drogue, puis par Josephine Wiggs, et se voit contrainte de reprendre sa carrière solo à zéro. Qu’à cela ne tienne, elle recrute deux obscurs musiciens de Dayton, sa ville natale qu’elle n’a jamais vraiment quittée, pour fonder les Amps et enregistrer avec eux un album éponyme qu’elle a préparé et rodé seule chez elle (le meilleur de sa discographie d’après l’auteur de ces lignes).

L’année suivante, c’est Charles qui est lâché… par 4AD, pour résultats insuffisants. Mais le bonhomme a autant de ressort que son ex-bassiste. A peine largué par son label historique, il s’en va signer sur American Recordings, la prestigieuse maison de Rick Rubin. Et sort peu après The Cult of Ray (1996), une galette de bon gros rock, minimalement produite par lui-même, qui tourne complètement le dos à ses deux premiers albums solo. The Cult est un nouvel échec commercial, plus cinglant encore que Teenager. Charles est obligé d’enchaîner les concerts des deux côtés de l’Atlantique pour arrondir ses fins de mois, ce dont il ne se plaint pas trop d’ailleurs.

Loin de faire marche arrière, il décide de radicaliser son nouveau style en proposant, en guise de quatrième album, une douzaine de démos enregistrées avec les trois mercenaires (Lyle Workman, jeune prodige de la guitare, auteur des plus beaux solos de Teenager, David McCaffrey, basse, et Scott Boutier, batterie) déjà présents sur The Cult. C’en est trop pour American Recordings, qui a bien voulu fermer les yeux sur l’échec du Cult mais attendait quelque chose de différent pour se rassurer. Il faudra plusieurs mois à Charles pour dénicher un label disposé à sortir ses précieuses démos.

Frank Black and the Catholics – tel est le nom fantaisiste de son groupe, suggéré par sa femme Jean – sort finalement en mai 98 chez Play It Again Sam (en Europe) et SpinArt (aux USA). Bien que plus égal et plus agréable que The Cult, il attire surtout l’attention par son côté live et carré, qui le distingue nettement de la production du moment. Plutôt bien reçu par la critique, il n’a cependant pas droit à plus de quelques lignes dans une presse rock qui, à de très rares exceptions près, a décrété une bonne fois pour toutes que Frank Black ne pourrait jamais égaler Black Francis.

Charles n’en a cure. Tout heureux d’avoir retrouvé un label, il n’attend que quelques mois pour sortir, début 99, son cinquième opus solo, Pistolero, privé du génie de Lyle Workman mais consciencieusement servi par Rich Gilbert, guitariste polyvalent et expérimenté. Plutôt décevant malgré quelques titres inspirés et des riffs parfois redoutables, Pistolero semble en fait réunir les déchets de son prédécesseur (la plupart de ses titres ont d’ailleurs été composés en 1997, en même temps que ceux de Frank Black and the Catholics). Il est boudé par le public et descendu en flammes par la critique, qui n’attendait sûrement qu’un album moyen de Frank Black pour se déchaîner sur l’assassin des Pixies.

L’an 2000 est une année de maturation pour Charles comme pour Kim. Le premier négocie le virage musical le plus audacieux de sa carrière, tout en se cherchant un nouveau label européen (ce sera Cooking Vinyl) ; la deuxième s’apprête à ressusciter – enfin – ses Breeders, dans une configuration inédite, cette fois très masculine : Richard Presley à la guitare, Mando Lopez à la basse et José Medeles à la batterie…

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05 janvier 2006

Frank Black : Compilations

Oddballs (2000)

Une compilation de b-sides et de raretés couvrant la période 1994-1996. On s'en doute, tout n’est pas brillant dans ce recueil aux allures de fourre-tout. N’empêche, le niveau moyen de l’ensemble est tout à fait honorable – nul doute que bon nombre de fans trouvent ce disque plus varié et plus emballant que Pistolero, par exemple. Au rayon des réussites incontestables, il faut citer le lancinant Man of Steel, écrit pour les X-Files, et les quatre bonus tracks qui agrémentaient la première édition européenne du Cult of Ray : Village of the Sun, Baby That’s Art, Everybody Got the Beat et le sublime Can I Get a Witness, qui annonçait avec cinq ans d’avance le virage country-folk de l'artiste.


One More Road for the Hit / Snake Oil (iTunes, 2006)

Deuxième compilation de b-sides, ce double album de 23 titres couvre l'intégralité de la période Catholics (1998-2003). Si vous rechignez à débourser les 20 euros réclamés pour son téléchargement intégral, contentez-vous d'acheter One More Road, qui aligne les perles comme le poignant Preacher's Daughter (tiré d'un autre album virtuel, le Show Me Your Tears EP), le très délicat et très dylanien Pan American Highway (titre-phare du LP avorté Sunday Sunny Mill Valley Groove Day, curieusement reconverti en b-side sur un single confidentiel), le ludique Pray for the Girls (tiré de la soundtrack des Powerpuff Girls) et ce petit bijou de country-rock speedé qu'est Valley of Our Hope, exhumé de l'édition japonaise de Pistolero.

Bien qu'agréable, Snake Oil - exclusivement composé de reprises - s'avère globalement moins inspiré et plus brouillon. Nul doute toutefois que les vrais fans de l'artiste se précipiteront sur Belle Isle (signé Dylan) et Some Things (obscur brûlot d'un groupe californien qui ne l'est pas moins, Angst), deux cuts inédits et plutôt attachants de l'ère Devil's Workshop.


93-03 (2007)

Après une dizaine de LP généralement sous-estimés, Frank Black méritait certainement une compilation, capable non seulement de synthétiser son œuvre mais d’élargir son public, notamment en direction de l’énorme – et souvent frileux – fan-club des Pixies. Si la question de la légitimité ne se posait donc pas, celle du contenu, en revanche, relevait a priori du casse-tête : comment résumer en un album une discographie aussi imposante ? Et bien sûr, comment convaincre les vieux fans d’acheter ce best of ?...

Cooking Vinyl a tranché la première question en puisant principalement dans les trois premiers albums de l’artiste, réputés les plus populaires et les plus audacieux. On commence donc le festin avec une généreuse brochette de classiques inaltérables (
Los Angeles, Abstract Plain, Calistan, Speedy Marie, Freedom Rock, Headache, Men in Black), pour le finir avec quelques titres de l’ère Catholics, parfois incontournables (Western Star, Robert Onion, Massif Central), parfois très discutables : on se demande comment des réussites aussi évidentes que Billy Radcliffe, St. Francis Dam Disaster ou His Kingly Cave ont pu passer à la trappe au profit du fadasse Bad Harmony et du tapageur Hermaphroditos

Côté bonus,
93-03 assure l’essentiel : outre une hidden track en béton (Threshold Apprehension, locomotive du futur LP Bluefinger) qui devrait aisément séduire le fan-club mentionné plus haut, il propose neuf titres enregistrés avec Duane Jarvis, Eric Drew Feldman et Billy Block lors de la tournée américaine de 2006. Si l’interprétation manque un peu de finesse, on saluera par contre la qualité de l’enregistrement, très honorable, et une tracklist plutôt culottée, mêlant des petits classiques (Bullet, Nadine), des reprises tonitruantes (mention spéciale à l’obscur That Burnt Out Rock’n’Roll) et une b-side judicieusement exhumée (Living on Soul).

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03 janvier 2006

Frank Black : Singles

Hang On To Your Ego (GB, 1993)

1. Hang On To Your Ego
2. Surf Epic
3. The Ballad of Johnny Horton

Ce premier single de Frank Black s’avère aussi sympathique et généreux que le LP dont il est issu. Délicieux clin d’oeil à la surf music et indirectement au Beach Boy Brian Wilson (auteur, justement, de Hang On To Your Ego), le long instrumental Surf Epic fait l’effet d’un tranquillisant après le tonitruant cataclysme du premier titre. The Ballad of Johnny Horton, hommage - également muet - au fameux honky-tonk singer prématurément disparu, complète agréablement l’ensemble.

Los Angeles (Belgique, édition limitée, 1993)

1. Los Angeles
2. Tossed









Los Angeles (France, édition limitée, 1993)

1. Los Angeles
2. Ten Percenter








Headache #1 (GB, 1994)

1. Headache
2. Hate Me
3. This Is Where I Belong
4. Amnesia

Single évident, Headache est ici assorti de trois b-sides d’un intérêt inégal. Longuement rodée en concert, la reprise de This Is Where I Belong, des Kinks, est jolie, propre et sans bavure. Amnesia est un petit instrumental hypnotique, un peu trop court pour retenir vraiment l’attention. Quant à Hate Me, nous nous contenterons de dire qu'il mérite tout à fait son titre.

Headache #2 (GB, 1994)

1.Headache
2. Men in Black
3.At the End of the World
4.Oddball

Produite par Jon Tiven, le futur maître d’œuvre de Honeycomb, la deuxième version de Headache est beaucoup plus emballante. On y découvre notamment la première mouture de Men in Black, certes moins enragée que celle qui boostera The Cult of Ray deux ans plus tard, mais fort enthousiasmante néanmoins. At the End of the World, tout en ruptures chiadées, et Oddball, à la fois plus classique et plus inattendu, bouclent l’affaire en beauté. L’un des meilleurs singles de Frank Black.

Speedy Marie (GB, 1994)

1. Speedy Marie
2. Freedom Rock
3. Fiddle Riddle








Men in Black (Allemagne, 1996)

1. Men in Black
2. You Never Heard About Me
3. Pray a Little Faster
4. Announcement

Logiquement promu premier single du Cult of Ray, le prodigieux Men in Black se voit plutôt bien entouré pour la circonstance : si Announcement s’avère un peu longuet et ennuyeux malgré ses pirouettes vocales, You Never Heard About Me, blues-rock rugueux mais fort mélodique, et Pray a Little Faster, petite perle punky assez clashienne, font des b-sides tout à fait convenables.

You Ain't Me (France, édition limitée, 1996)

Même tracklist que Men in Black.









Men in Black (Allemagne, promo, 1996)

1. Men in Black
2. Just a Little
3. Re-make / Re-model

Bien qu’il s’agisse d’une édition promo limitée, je prends la liberté d’intégrer ce disque à la catégorie des singles car il contient deux inédits, l'un emprunté aux Beau Brummels (Just a Little, futile et charmant), l'autre à Roxy Music (Re-make / Re-model, plus intéressant mais plus brouillon aussi).


I Don’t Want to Hurt You (Every Single Time) (Allemagne, 1996)

1.
I Don’t Want to Hurt You (Every Single Time)
2.
The Marsist
3. Better Things
4. You Ain’t Me (live)

J’avoue que je ne comprends pas très bien pourquoi American Recordings a choisi ce titre, certes sympa mais plutôt anodin, comme deuxième single du Cult of Ray. De plus, avouons-le franchement, ce disque n’offre rien d’exceptionnel. The Marsist est directement tiré du LP, et la version live de You Ain’t Me ne se démarque guère de la version studio. On se rabattra donc sur Better Things, titre emprunté aux Kinks (encore) et exécuté en 2 minutes avec une énergie très garage.
A noter qu’il existe deux autres versions de ce single, proposant des versions live de Men in Black, Village of the Sun, I Don’t Want to Hurt You et The Last Stand of Shazeb Andleeb.

The Marsist (Allemagne, vinyl, 1996)

1. The Marsist
2. Better Things









All My Ghosts (Belgique, 1998)

1. All My Ghosts
2.
Living on Soul
3. Humboldt County Massacre
4. Changing of the Guards

Rien à jeter sur ce généreux single qui propose, outre deux compos originales franchement réussies (Living on Soul et Humboldt County Massacre), une reprise d’un classique de Dylan, certes peu différente de l'original mais impeccablement exécutée. Un excellent complément au LP Frank Black and the Catholics.

Dog Gone (Belgique, 1998)

1. Dog Gone
2. Do Nothing
3. I’m Going Down
4. The Big Hurt

Encore un choix discutable : bien qu’agréable, Dog Gone ne fait certainement pas partie des titres les plus accrocheurs de Frank Black and the Catholics. Les trois b-sides – respectivement des reprises des Specials, de Springsteen et de Shanklin – peuvent, au choix, époustoufler par leur rage ou au contraire énerver par leur côté brut et expéditif. Le tout semble avoir été enregistré en dix minutes, sans la moindre pause et avec l’intention d’en finir au plus vite. Personnellement j’ai un gros faible pour Do Nothing.

I Gotta Move (Australie, 1998)

1. I Gotta Move
2. Humboldt County Massacre
3. Do Nothing









I Want Rock & Roll (Belgique, 1999)

1.I Want Rock & Roll
2. I Switched You









Robert Onion (GB, 2001)

1. Robert Onion
2. Pan American Highway
3. Angst

Pan American Highway, limpide blues dylanien qui aurait lui-même mérité de devenir un single, contraste élégamment avec la fougue contagieuse de Robert Onion. On skippera sans regret le bref et insipide Angst, hommage vite torché au groupe indie californien du même nom, pour s'envoyer les deux premières pistes en boucle, sans aucune modération.


St. Francis Dam Disaster (GB, 2001)

1. St. Francis Dam Disaster
2. Constant Sorrow Man
3. Sleep

Le très classe St. Francis Dam Disaster, joyau (parmi d’autres) de Dog in the Sand, se trouve ici aussi en excellente compagnie. Impossible en effet de résister aux deux bijoux folk que sont Constant Sorrow Man, réappropriation électrique d’une chanson traditionnelle, et Sleep, reprise soyeuse et apaisante de Donovan. Peut-être le meilleur single de Frank Black à ce jour.

Everything Is New
(GB, édition limitée, 2003)

1. Everything Is New
2. Take What You Want
3. Down in the Hole

Deux reprises consciencieuses mais sans éclat (respectivement de Reid Paley et des Stones) agrémentent ce single édité à 1.000 exemplaires par Cooking Vinyl.


Nadine (GB, 2003)

1. Nadine
2.
Snake Oil
3. Ludwigshafen

Un single modeste mais point désagréable, qui nous balance coup sur coup un blues-rock sulfureux (Nadine, brûlot incontesté de Show Me Your Tears), un rock’n’roll endiablé (Snake Oil) et un petit boogie contrasté, non dénué de classe (Ludwigshafen). Short mais good.


Nadine (USA, 2003)

1. Nadine
2. Hermaphroditos (live)
3. Los Angeles (live)
4. Jane the Queen of Love (live)
5. Gouge Away (live)

Quatre pistes live de bonne qualité, enregistrées à Regina (Canada) en 2003, accompagnent cette Nadine made in America. On peut détester Hermaphroditos, décidément bien lourd, et déplorer le charcutage de Los Angeles (réduit à 2 minutes), mais il faudrait un cœur de pierre et beaucoup de mauvaise foi pour ne pas aimer Jane the Queen of Love, ode énergique à celle qui était alors Mme Black, et la très honorable reprise de l’hymne pixien Gouge Away.

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01 janvier 2006

Frank Black : Albums studio

Par jediroller et Ray la Manta


Frank Black (1993)

Black Francis s’est auto-dissous lorsqu’il a démantelé les Pixies l’année précédente. Mais Charles Thompson ne tarde pas à se réinventer sous le nom de Frank Black, et c’est tout naturellement par un album éponyme qu’il se présente au monde. Frank Black s’ouvre sur un faux début : la guitare mélancolique et le synthétiseur ténu de Los Angeles laissent la place, après un bref silence, à un bon gros rythme rock.
A-t-on lu "synthé" ? Oui, et mieux encore : des cuivres, sur l’irrésistible Fu Manchu, qui est, personne ne l’aurait deviné… un hymne aux moustaches. Parfois déroutant (Parry the Wind High, Low, qui déploie l’obsession ovni typique de cette période, avec ses changements de rythme casse-tête), souvent magnifique (Places Named After Numbers, perfection pop), Frank Black se présente en tout cas armé d’un talent monstrueux et d’une évidente envie d’en remontrer à ceux qui ne lui pardonnent pas d’avoir tué les Pixies…


Teenager of the Year (1994)

Une efflorescence créative que rien ne semble pouvoir contenir, un nirvana pop-punk-rock qui touche à tout et transforme en or tout ce qu’il touche. Magnifiées par la guitare de Lyle Workman et les claviers d'E.D. Feldman, les perles pop d’un Frank Black en surmultipliée s’enchaînent sans le moindre temps mort. Rien à jeter dans cet album gargantuesque, boulimique, unique. La doublette d’ouverture – Whatever Happened To Pong? / Thalassocracy – a laissé plus d’un auditeur sur le carreau, à se demander ce qui venait de lui tomber dessus. Frank Black n’a peur de rien et se lâche complètement. Résultat : s’il existait une Pop Song Academy, ces 22 titres pourraient y constituer l’essentiel du programme obligatoire. Des mélodies à pleurer de bonheur comme s’il en pleuvait (Abstract Plain, The Vanishing Spies, Speedy Marie, Superabound, Big Red, White Noise Maker), des petites chansons punky toutes dents dehors (Pong, Hostess with the Mostest, Bad, Wicked World) mais aussi des détours par des territoires moins explorés : ritournelle reggae avec Fiddle Riddle, berceuse avec Sir Rockaby… On pourrait les citer toutes : il est absolument impossible de se lasser de cet album. C’est scientifiquement prouvé.


The Cult of Ray (1996)

Changement de label pour Frank Black : la lune de miel avec 4AD, qui durait depuis les débuts discographiques des Pixies, n’a pas survécu à l’excessif Teenager… que certains ont vu à l’époque comme un suicide commercial. The Cult of Ray (allusion à l’écrivain californien de science-fiction Ray Bradbury) marque de toute évidence le début d’un changement stylistique : on n’y retrouve pas l’exubérance joyeuse de son prédécesseur. Les compositions sont plus lourdes, plus franchement rock, à l’image d’une pochette aux ambiances noires et bleutées. Le single Men in Black, hymne électrifié à la paranoïa ufologique (écrit bien avant le film du même nom), montre que le père Black n’a pas pour autant perdu la main ; mais certains titres comme Punk Rock City et le lourdingue Dance War peinent à convaincre. Restent de vrais bijoux, en particulier Jesus Was Right, des instrumentaux très réussis, et même une touchante ballade, I Don’t Want to Hurt You (Every Single Time).


Frank Black and The Catholics (1998)

Ça s’était à peine calmé, voilà que ça recommence : Frank Black est à nouveau obligé de prendre ses chansons sous le bras et de se trouver un nouveau label. American Recordings, qui avait publié The Cult of Ray, a été absolument horrifié par ce que Black et ses nouveaux acolytes – Lyle Workman (guitare), Dave McCaffrey (basse) et Scott Boutier (batterie) – lui ont proposé : un album de pur rock qui tache, entièrement enregistré sur deux-pistes, dans les conditions du live ! Aucune correction en studio, deux, trois prises au maximum. "On avait enregistré des démos, racontera plus tard Frank Black, elles m’ont plu, j’ai décidé de les publier telles quelles." Plus qu’une provocation, une véritable démarche aritistique qui se poursuivra sur six albums. Si l’objet lui-même sent un peu le "fait maison" (c’est Mme Black qui s’occupe de la pochette), la musique ne déçoit pas. Brut de décoffrage, le rock des Catholics laisse malgré tout entrevoir à quel point Black est un compositeur surdoué. Poussez le volume à fond !


Pistolero (1999)

Pistolero est considéré par beaucoup comme l’album le plus faible de Frank Black avec les Catholics. Enregistré en live sur deux pistes comme son prédécesseur, dont il se démarque trop peu, il souffre de certaines compositions un peu hâtives : I Switched You, Bad Harmony, Tiny Heart… Pire, sur ces titres, on a souvent l’impression que Frank Black chante en pensant à autre chose. Il n’empêche que la pure énergie des Catholics fait avaler le morceau, d’autant plus que certaines chansons sont largement à la hauteur de la réputation du bonhomme : le conte spatial Billy Radcliffe, So. Bay, hymne destructuré à la jeunesse skate-punk de Charles Thompson, ou encore Western Star constituent des compositions marquantes qui mériteraient leur place dans un ensemble un peu plus digne d’elles…


Dog in the Sand (2001)

Et le miracle se produisit. Après l’incertain Pistolero, qui se serait attendu à ce tournant ? Le fait est qu’avec Dog in the Sand, Frank Black et les Catholics produisent un album tout simplement parfait. La progression musicale du groupe, qui a passé les dernières années à tourner sans répit ou presque, est phénoménale. Impossible de deviner que cet album (produit par Nick Vincent) a été enregistré dans les conditions du live : le nombre de musiciens atteint sept ou huit sur certains morceaux, les compositions vont du pur rock’n’roll hymnique (Robert Onion, un bonheur à chanter à tue-tête) à la ballade complexe et majestueuse : le magnifique St. Francis Dam Disaster, l’une des plus belles chansons enregistrées par Frank Black. Dog in the Sand est un album charnière dans la carrière de Black, non seulement parce qu’il témoigne de la maturité des Catholics en tant que groupe, mais aussi parce qu’il marque une franche orientation country-rock qui ne se démentira plus.


Black Letter Days (2002)
Devil’s Workshop (2002)

Regonflé à bloc, Frank Black, toujours accompagné de ses Catholics, sort deux albums simultanément, un an seulement après Dog in the Sand. Fidèles au dogme Catholic (enregistrement en live sur deux pistes), Black Letter Days, Behemoth pléthorique et sinueux, et Devil’s Workshop, précis de rock’n’roll bref et sans bavure, sortent en effet le même jour. L’un et l’autres apportent leur lot de perles : le sautillant San Antonio TX, l’hymne de bar Whiskey in Your Shoes, le magnifique His Kingly Cave, le poignant California Bound, l’urgent End of Miles… Notons aussi le retour du très énervé Velvety, un titre que Black jouait déjà à l’époque des Pixies et auquel il s’est finalement décidé à ajouter des paroles. Aucun doute : Frank Black et ses Catholics ont atteint leur rythme de croisière. Il n’y a plus qu’à se verser un verre, à coller les deux albums dans la chaîne et à se laisser emporter…


Show Me Your Tears (2003)

Rien ne va plus pour Frank Black. A l’aube de la quarantaine, voilà qu’un divorce lui tombe dessus, il suit une thérapie et commence à fatiguer après cinq ans de tournées intensives avec les Catholics, peu lucratives et privées des conforts réservés aux protégés des majors. (Après un concert de Frank Black & the Catholics, ce sont les musiciens qui remettent le matos dans la remorque. Matos qui leur a d’ailleurs été volé en 2001, pour ne rien arranger…). En outre, on apprendra bien plus tard que la tournée 2003 des Catholics a été marquée par des disputes entre Black et le reste du groupe, fatigué de ces conditions précaires et lassé de l’exigence, maintenue par leur patron, d’enregistrer en live… Bref, c’est pas la grande forme.
Mais Charles Thompson est un artiste, et il va le prouver à nouveau en tirant de ses mésaventures l’un de ses plus beaux disques. Le titre dit tout : Show Me Your Tears est un album mélancolique, cathartique et confessionnel. Il est aussi magnifique. Une fois de plus, c’est ici un titre lent qui retient toute mon attention : le poignant Everything Is New, qui met en parallèle des destins tragiques de musiciens (Hank Williams, Johnny Horton, Chet Baker) sur fond de piano et de slide. Mais Show Me Your Tears aligne aussi des hymnes blues-rock à la Femme (Nadine) et au vin (New House of the Pope), des gueulantes à reprendre en chœur au pub (When Will Happiness Find Me Again?, Horrible Day), de nouveaux spécimens de ces miniatures folk qui ont valu à Frank d’être comparé à Neil Young (Coastline)… et surtout un coup de folie digne de Teenager Of The Year : le génial et déluré Massif Centrale (sic !). Un album à chérir.


Honeycomb (2005)

Beaucoup d'auditeurs, y compris parmi les fans endurcis, ne sont pas parvenus à "entrer" dans Honeycomb. Trop soft, trop personnel, trop mélancolique, pas assez pixien/catholic/punk-rock... Moi-même, je n'ai pas abordé cet album avec un a priori positif... plutôt le contraire. Je me disais : "Un album classic rock avec des requins de studio, ça sent l'empâtement, bof bof..." Je m'attendais à m'ennuyer ferme. Mais, soit que je m'empâte en même temps que Frank Black, soit qu'il y a du vrai dans les critiques (et dans l'avis du bonhomme lui-même)... toujours est-il qu’au fil des écoutes, j’ai découvert un album véritablement habité et profond. Black s’y révèle serein et totalement maître de son sujet, même lorsqu’il s’attaque à un classique casse-gueule (Dark End of the Street) ou à une chansonnette de Presley qu’il s’approprie pour en faire une ballade ironique (Song of the Shrimp).
Entre blues du divorcé et optimisme tex-mex, l’esprit de cet album est finalement bien résumé par sa dernière chanson, Sing for Joy, dont les couplets en mineur débitent des histoires de meurtre et d’exil, tandis que le refrain suavement repris en choeur nous invite à "chanter de joie"...
Seule faute de goût d’un ensemble de haute tenue : Violet, une ritournelle jazzy vite torchée pour faire plaisir à Madame. Jean Black était bien mieux lotie avec l'inoubliable Speedy Marie !


Fast Man Raider Man (2006)

Paru presque exactement un an après Honeycomb, "FMRM" (pour les intimes) fait plus que creuser le sillon entamé par son prédécesseur : il en fait une avenue. Deux CD, 27 titres, un casting "all stars", Jon Tiven aux manettes, et le leader des Pixies qui prend un malin plaisir à prendre tout le monde à contre-pied. Si, pendant la journée, Black Francis joue Debaser et Tame devant des foules en délire, le soir venu, indifférent aux exigences du box-office, Frank Black empoigne son ukulélé pour composer des chansons country-rock qui semblent tout droit sorties du répertoire seventies.
Parsemé de perles pop (If Your Poison Gets You, In the Time of My Ruin), de ballades élégantes (Fast Man, The End of the Summer) et de pépites plus inattendues (Dog Sleep mobilise orgue et trombone !), cet album généreux et souvent inspiré montre que, "période Nashville" ou pas, Frank Black a gardé la main. L'exercice a cependant ses limites, posées par la production quelque peu conservatrice de Tiven. Du coup, on envie ceux qui (re)découvriront ces chansons en live.


Bluefinger (2007)

Inspiré par la vie d'excès conclue en suicide du peintre et musicien hollandais Herman Brood, Bluefinger marque le retour de Charles Thompson à son pseudo pixien Black Francis, mais aussi et surtout à un rock direct et jouissif, punky et spontané, à mi-chemin entre le son sans apprêt des débuts des Catholics et le génie mélodique tordu de la période Pixies. Une basse grondante, un batteur créatif, la jolie voix de Mme Frank Black et un Charles Thompson consumé par le feu de l'inspiration (il dit avoir été "investi par l'esprit d'Herman Brood") font de Bluefinger un album qui fera date dans la discographie de "Frank Black Francis".
Entre brûlots punk-rock torrides (Tight Black Rubber, Your Mouth into Mine), et titres plus calmes (Lolita, Discotheque 36, She Took All the Money) voire introspectifs (Bluefinger), l'album est jalonné de joyaux tels que l'hymne braillard Captain Pasty, la minibombe dance-punk Threshold Apprehension ou encore le blues débraillé de Test Pilot Blues. Mais le point culminant de Bluefinger se nomme Angels Come To Comfort You, indie-rock débridé centré sur les derniers instants d'Herman Brood, qui convoque en final un choeur d'anges pour escorter le Gainsbourg batave jusqu'à sa dernière demeure. Décidément, in heaven everything is fine...


Svn Fngrs EP (2008)
Cela semble être une tradition désormais : commandez une b-side ou une bonus track à Charles, il vous pondra un album. Invité à écrire une face B pour un hypothétique single, l'animal a finalement accouché (en une semaine !) d'un EP de sept titres, un mini-album-concept inspiré par des figures mythologiques aux origines ambiguës et au destin violent (Cuchulainn, Thésée).
Sorti sous le pseudo historique de Black Francis, Svn Fngrs, comme Bluefinger, semblait promettre un retour au mythique "son Pixies". Mais Black Francis, comme Frank Black, n'en fait décidément qu'à sa tête, et il suffit d'écouter le premier titre de la galette, The Seus, pour s'en apercevoir. Difficile, en effet, d'imaginer une chanson moins pixienne que cet imprévisible cocktail pop-funk-rap aux forts accents beckiens, voire chilipepperiens d'après certains. La suite, très variée, sonne comme une synthèse de la carrière solo de Frank Black : Garbage Heap et Half Man auraient facilement trouvé une place sur Devil's Workshop, Seven Fingers semble issu d'un croisement improbable entre Frank Black et Black Letter Days, The Tale of Lonesome Fetter a de délicieux accents Teenager, I Sent Away et When They Come to Murder Me renouent efficacement avec la tradition Catholics la plus électrique, tendance Pistolero.
Servi par la précision de Jason Carter, batteur et producteur inspiré, par la basse très affirmée de Violet Clark, alias Mme Black Francis dans le civil, et comme toujours par des mélodies imparables, Svn Fgrs accroche immédiatement l'oreille et les tripes, avec un sens de l'urgence certainement favorisé par son format modeste. A tous les critiques qui l'interprètent comme un "retour en forme", on a inévitablement envie de poser cette question : auraient-ils enfin découvert l'existence des coton-tiges après quinze ans de surdité obstinée ? (RLM)

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